Vive les hommes fashionistas !

 

 © ASjack - Fotolia.com

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Pas besoin d’en rajouter, tout le monde sait désormais l’intérêt croissant que vouent les hommes aux sursauts de la mode. Des shoppeurs, des addicts, des hipsters, des bobos, des métrosexuels, des dandys et j’en passe, tous les styles sont dans la nature de l’homme et il ne se prive surtout pas de les interpréter et même de les mixer sans retenue pour affiner son  image extérieure.

C’est une vraie manne que l’influence masculine dans le domaine du vêtement et des accessoires, surtout depuis que les grand couturiers des années 90 ont décidé de leur octroyer à nouveau le droit de tout tenter (y compris la jupe, cf Gaultier ou Marc Jacobs) et d’avoir des envies vestimentaires aussi variées que leurs alter-egos féminines.

Sondés eux-aussi sur leurs habitudes en matière de look, les hommes seraient ainsi 63 % à shopper au moins une fois par mois et 52% à succomber régulièrement à des coups de cœur fashion, c’est-à-dire autant que les femmes (Sondage Unibail). Parmi les serial modeurs, 25 % sont considérés comme des « flâneurs », 11% peuvent être étiquetés « fashionistos », 14% « trendsetteurs » et 17% tout de même, se laissent aller à préparer soigneusement leurs séances de shopping et ne laissent rien au hasard. Des études assez explicites et qui démontrent aussi le grand nombre d’hommes qui  ne conçoivent toujours pas de faire leurs courses sans leur chère et tendre, ni de se priver de leurs conseils avisés.

 

© Karramba Production - Fotolia.com

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Preuve aussi du renouveau de l’homme fashionista : sa présence de plus en plus nombreuses dans les pages mode des magazines féminins, et l’augmentation importante du nombre de titres de presse consacrés essentiellement au sujet. Les kiosques font aussi la part belle aux tendances masculines, aux accessoires et même aux soins de beauté, car rien n’est plus laissé au hasard. Un bon look est complet et ne souffre aucun laisser-aller, pas même sur la bonne vieille barbe de 5 jours, on ne peut plus difficile à entretenir paraît-il,  et qui fait l’objet de toute l’attention des nouveaux salons de beauté masculins, dans lesquelles les bonnes recettes de barbiers d’antan connaissent un succès croissant. Le bon look se travaille de A à Z, de la manucure à la paire de chaussettes, et de pointe des cheveux aux boutons de manchettes.

 

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Les premiers fashion addicts de l’histoire ont défrayé la chronique en leur temps et promu l’image masculine à sa juste valeur, auprès de toute une société. Déjà dépassée, l’image du mâle, bête de chasse et de guerre, un peu rugueux et sans finesse, a été égratignée dès le règne de François  1er,  très intéressé par son apparence de part son physique avantageux et hors norme pour l’époque (il mesurait près de 2m), il fut un précurseur en matière de belles étoffes et de formes originales et marqua le début de certaines extravagances stylistiques de la noblesse masculine. Sous Henri III, le temps est à l’élégance et au raffinement. Premier monarque véritablement « fashion addict », c’est un homme qui apprécie et défend la mode et ses subtilités ( perles, boucles d’oreilles et tenues exubérantes) et qui incarne à merveille la grâce et la majesté d’un roi. Ce monarque « éclairé »  voue une véritable passion aux colifichets les plus somptueux, aux toilettes très élaborées et aux bijoux précieux. C’est en 1578 qu’il lance les premières grandes tendances,  qu’à l’instar de ceux que l’on appellera plus tard ses « mignons », la plupart des courtisans adoptent unanimement. Comme la «  fraise », cette collerette plissée qui prendra vite des dimensions vertigineuses. Constituée d’un feuilleté de mousseline ou de linon, quinze lés de fine toile superposés, large d’un tiers d’aune (environ quatre centimètres), elle devra pour plaire au roi, être soigneusement blanche et empesée.

© Erica Guilane-Nachez - Fotolia.com

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Comme beaucoup d’us et coutumes de la cour en ces temps de monarchie, ces petites « excentricités » seront abondamment raillées par les gens du peuple et cette originalité vestimentaire provoquera de nombreux quolibets, d’autant qu’ils seront assortis de quelques autres emprunts au vestiaire féminin contemporain, comme les caleçons prêts du corps, gainant la jambe, les bonnets à aigrette et une profusion de petits détails précieux. Poussant jusqu’au bout la logique du total look, les seigneurs de l’époque portent aussi les cheveux longs frisés et refrisés artificiellement, de bonnes couches de maquillage, et s’aspergent de poudre de violette.

 

Depuis longtemps déjà, le costume est la première manifestation de la hiérarchie, les signes dont il est porteur et leur répartition sont rigidement codifiés et contrôlés. Dès le Moyen-Age, les lois « somptuaires » édictent ainsi que « chacun devra s’habiller selon son rang : la forme de ses vêtements devra être conforme à sa situation », la richesse appelant évidemment plus de fantaisie dans tous les domaines. Toujours en vigueur sous Louis XIV et à la cour de Versailles, le cérémonial vestimentaire assure l’autorité du roi en même temps qu’il influence la mode et se conforme donc à ces préceptes.

On change très fréquemment de style, on se farde de rouge et de rose, on porte des tonnes de rubans et des étoffes précieuses, on insiste sur les  broderies, on porte la perruque et on marche sur de hauts talons pour se grandir mais aussi pour éviter de salir ses tenues dans les rues insalubres des cités. Les fashion victimes du XVIIème siècle copient les moindres effets aperçus sur le roi et pour récompenser certains d’entre eux, celui-ci n’hésite pas à leur offrir un certain habit brodé d’or et d’argent appelé « justaucorps à brevet ».

Les tendances masculines n’évolueront finalement qu’assez peu entre le 18ème et le 20ème siècle. On est déjà dans le principe du costume, et l’on tend de plus en plus à une homogénéisation vestimentaire des classes sociales, du moins au niveau des formes et de l’allure générale.

Le costume trois pièces est adopté par les plus aisés comme la bourgeoisie la plus modeste. On porte le cheveu plus court, et la moustache et la barbichette suffisent à peaufiner le style.

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Phénomène fashion très percutant, le courant du dandysme apparaît néanmoins dès les années 1770, se définissant comme une manière d’être générale, notamment dans l’apparence et l’habillement mais « jouant avec la règle ». Magnifiquement représenté par les romantiques français comme Stendahl, Eugène Sue ou même Baudelaire, il trouve  ses  « égéries » parfaites en Oscar Wilde ou Brummell, oscillant  d’un point de vue psychologique entre frivolité arrogante et révolte contre l’ordre bourgeois, grands jouisseurs et parfois narcissiques, et « fashionable », puisque le mot apparaîtra dès le début du 18ème. Les habitudes vestimentaires de ces bêtes de mode ?  

La légende voudrait que George Bryan Brummell passât jusqu’à quatre heures par jour à se vêtir et notamment à nouer sa cravate qui se devait d’avoir le bon mouvement dès le premier essayage. Il jetait les étoffes froissées à ses pieds pour en passer d’autres, et son valet de pied se retrouvait chaque jour avec un monceau de cravates à amener à la teinturerie sans même avoir été portées. Imaginons les sommes astronomiques que cela pouvait coûter en une année…

mais le dandy ne compte pas, c’est une règle d’or quand on pense silhouette parfaite !  Intronisé roi de la mode britannique, il fut celui qui fit et défit les tendances et devint bientôt le favori de George V qui lui permit de faire rayonner ainsi son style sur l’Europe entière.

On lui doit le raffinement  de mélanges de matières et de couleurs qui prévaut encore aujourd’hui aux anglais. Devenu dans la bonne société « le Beau Brummell », il accessoirise ses chemises de cols démesurés, de cravates de batiste et de mousseline blanche amidonnées pour garder leur tenue tout au long de la journée.  L’étiquette vestimentaire du dandy est une règle inébranlable. Le vêtement doit être à la fois une manière de se faire remarquer, de se différencier, tout en restant invisible.

 

L’élégance se confond avec un certain oubli de soi, ce qui peut paraître paradoxal, mais il faut investir l’habit en gardant sa liberté de pensée. Barbey d’Aurevilly dira : «  Ce n’est pas un habit qui marche tout seul ! au contraire ! c’est une manière de le porter qui crée le Dandysme. On peut être dandy avec un habit chiffonné ». Ce qui est assez bien récupéré par nos néo-dandy actuels, de Beigbeder à Julien Doré, une décontraction toute en nuance et dans la plus pure tradition du laisser-aller très calculé. En 1823, le dandy a déjà inventé deux ou trois formes de costumes intermédiaires entre le frac habillé et la redingote de matin. Il porte par exemple un vêtement complet pour aller faire à cheval, la revue des promenades.

Il arbore une lorgnette suspendue par un large ruban en satin sur son « riding-coat », un bâton recourbé en guise de cravache et au bout duquel se trouve une lunette pour observer « le beau sexe », un pantalon cosaque et des bottes sans éperons (cf Arcieu, le Diorama de Londres). Une philosophie du genre qui n’aura de cesse de perdurer, symbolisant même, au gré des décennies et des siècles,  une certaine forme de classicisme.

 

Autre phénomène de mode ayant marqué l’histoire et les coutumes masculines : les zazous firent leur apparition dans les années précédant le début de la seconde guerre mondiale. Tout d’abord fans de jazz, ces hommes, puis ces femmes entre 18 et 25 ans, prirent le parti d’afficher leur amour de la musique et surtout du swing, en s’habillant de vêtements anglais et américains très reconnaissables et même excentriques pour l’époque. En exprimant leur non-conformisme et leur opposition au régime de Vichy pendant l’occupation (certains portèrent même des étoiles jaunes avec « goy » ou « zazou » brodés dessus en contestation avec les brimades faites aux juifs, et furent conduits à Drancy avant d’être relâchés), ils portent les cheveux longs dans le cou, alors qu’un décret demande de couper ses cheveux régulièrement pour les récupérer et en faire des pantoufles…), des vestes et des pantalons trop longs alors que les tissus sont rationnés, et toujours un parapluie qu’ils n’ouvrent jamais.


Prônant l’amusement maximum dans une période on ne peut plus grise, leur look est un appel à « une mise en ironie du monde » et trouve dans le quartier Latin à Paris, un endroit de prédilection, se cachant dans les caves à côté de la Sorbonne pour jouer leur musique, danser et s’amuser ; et hantant les cafés comme « Le Flore » ou « les Deux Magots » dans lesquels ils fréquenteront les existencialistes comme Boris Vian, qui adoptera une attitude assez proche  et nous confiera cette description de l’un d’entre eux : «   Le mâle portait une tignasse frisée et un complet bleu ciel dont la veste lui tombait aux mollets (…) », ou Camus qui les détaillera ainsi dans « l’étranger » en 1942 : « Un peu plus tard passèrent les jeunes gens du faubourg, cheveux laqués et cravate rouge, le veston très cintré, avec une pochette brodée et des souliers à bouts carrés. »


Toujours en marge de grand courants culturels, les fashion addicts masculines ont donc, depuis la chute de l’ancien régime, pris le parti d’une indépendance totale et surtout envers les grandes institutions, n’hésitant pas à mettre en péril leur liberté originelle, et considérant parfois leurs choix vestimentaires comme un sacerdoce.


Pas de prise de parti stylistique donc, sans une recherche plus globale d’un certain art de vivre, d’une maîtrise de son image et de ce qu’elle peut renvoyer à l’autre. Les fashion addicts mâles sont à la recherche d’une perfection, tout comme leurs comparses féminines, et ne reculent parfois devant aucun sacrifice pour parvenir à leur idéal. Quête à jamais inachevée, puisqu’on le sait bien, suivre la mode de nos jours est une prouesse de tous les instants, compte-tenu de son caractère versatile !


De nos jours, après la débâcle des années 80-90, catastrophique en matière de mode mais aussi de place des hommes dans le couple et la société, beaucoup sont à la recherche des clés de l’allure parfaite, pour les autres, mais aussi pour soi-même. Pas vraiment facile de piocher dans les garde-robes et dans les habitudes paternelles (quoi que certains classiques le resteront éternellement… pas évident de savoir, au sortir des frasques sensibles de l’adolescence, quelle paire de chaussures choisir, quelle tenue pour la détente et quel costume pour le travail ? Comment s’habiller pour un premier « save the date » avec sa chérie ? Quel style adopter en fonction de ses habitudes de vie, son caractère, ses fréquentations, ses moyens aussi évidemment. Pour sauver la donne, ou la compliquer peut-être, entre ces années sombres et aujourd’hui, survint le dieu Internet et ses multiples portes de sortie en cas de perte totale du sens de la mode.

 

© igor - Fotolia.com

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Tout d’abord, l’avènement de blogs divers et variés, entièrement dévoués au problème, a sacrément facilité la tâche de nos futurs rois de la mode. De « commeuncamion.com » à « The Sartorialist », véritable bible du modeur cosmopolitain, les plus grands spécialistes du domaine prennent la plume pour prodiguer leurs conseils avisés au plus grand nombre et démocratiser un peu le problème (en toute modestie bien sûr). Photos des fashion shows, best of des livres et magazines, profils et looks de rue, inspirations et même photos vintage pour rester dans le vent du revival des fifties ou sixties, les chroniqueurs de mode masculine ont tout appris de leurs collaboratrices féminines et collent parfaitement au rôle de prescripteurs modèles qu’elles ont créé. L’effet a été immédiat, des millions de connexions et des bloggeurs stars collaborant désormais avec les plus grandes maisons de style, les créateurs et les marques pour divers projets. Autour de ces plateformes interactives, l’engouement pour le e-shopping a su tisser sa toile et répondre rapidement aux besoins créés par elles.

 

Cravate Avenue.com - Certainement la référence!

 

Aussi fréquentés que les sites féminins, les sites de ventes de vêtements et accessoires pour hommes ont su tirer leur épingle du jeu, en proposant, comme le fait Cravate Avenue, un grand nombre de conseils, des reportages, des vitrines à thème et des références toujours plus nombreuses et actualisées en temps réel, afin de répondre à tous les besoins et à toutes les envies du moment. Le phénomène des fashion addicts masculins est donc bien réel et s’accompagne de tout ce qui confère à cette religion du style.

Dans le collimateur des fidèles, des icônes de plus en plus médiatisés, et surinvesties par les marques. Chaque style son égérie et ses déclinaisons médiatiques.

Dans le domaine de la beauté et des parfums, finie l’ère des top-models et bienvenue aux nouvelles références : Benjamin Millepied, Thomas Dutronc, Vincent Cassel ou Marc Lavoine. Un parfum pour une image , une image pour un parfum, les hommes se reconnaissent bien plus dans ces « guys next door », pas forcément à l’esthétique parfaite, contrairement à toutes les stars féminines prêtant aussi leur visage, mais avec une gueule, une allure facilement identifiable et, pourquoi pas reproductible.

En mode, même idée, l’arrivée de l’acteur belge Matthias Schoenaerts, meilleur espoir masculin aux Césars 2013, comme égérie de la collection Vuitton homme cet hiver a désamorcé la course aux éphèbes au profit de visages caractéristiques d’une époque  et d’un style de vie. Les grandes maisons n’hésitent plus à accorder de plus en plus d’importance aux stars évoluant dans le domaine du cinéma, du sport et de la musique, de nouveaux héros enviés par les hommes comme par les femmes. Accentué par l’arrivée des Métrosexuels, ces mâles qui prennent énormément soin d’eux et de leur apparence, le phénomène marque aussi  la croissance du marché et une évolution des mœurs évidente. A mi-chemin entre dandy et minets des années 1970, le métrosexuel est apparu dans le milieu des années 90. Créé par le journaliste britannique à « The Independent », Mark Simpson, ce terme s’appliquant à des citadins très soucieux de leur esthétique, très portés sur la mode, les cosmétiques, la condition physique et passionnés d’art et de culture, regroupe désormais une catégorie d’hommes assez conséquente.

Ne renvoyant à aucune préférence sexuelle particulière, il désigne aussi le principal facteur de démocratisation des fashion addicts. Réalité sociologique, le métrosexuel n’en est pas moins aussi un concept marketing poussé.

Touchant toutes les catégories socio-professionnels ou presque, il a permis de « désaturer » les marchés du féminin et de créer un genre de « consommateur idéal », prêt à tout tester puisque novice et très en demande. En 2010, le marché mondial des cosmétiques masculins atteignait déjà 23 milliards d’euros, il a doublé entre 2005 et 2010 en Allemagne et le secteur du prêt-à-porter pour hommes n’a plus rien à envier à sa rivale féminine.

Toujours aussi conscient de sa personne mais avec un net besoin de revenir à des valeurs plus machistes, l’übersexuel est né 2 ans plus tard, de la constatation que, malgré son succès, le métrosexuel ne représenterait qu’1 homme sur 5 Outre-Atlantique, selon l’agence de publicité Léo Burnett er les néomachos, guère plus nombreux, environ 10%.

La publicitaire et dénicheuse de tendances Maria Salzman, a donc inventé le mot über (au-dessus en allemand) sexuel, pour classifier l’homme de type barbe de 3 jours, tourné un peu plus vers les autres, très sûr de lui sans être odieux, avec une virilité à toute épreuve, de la classe et attaché à sa qualité de vie : George Clooney ou Antonio Banderas en icônes idéales. De fait, beaucoup plus d’hommes ont pu rejoindre cette grande famille recomposée, sans se sentir gênés par certains aspects de l’une ou de l’autre catégorie, et peut-être aussi, se reconstruire dans un rapport d’égalité avec les femmes et d’une virilité positive, débarrassée de ses caractéristiques négatives. « Pourquoi classifier ainsi les goûts de nos chers et tendres ? » me demanderez-vous, et je vous répondrai que de nos jours, tout se qualifie et se quantifie même les choses les plus naturelles. On y gagne une certaine compréhension de nous-mêmes, mais surtout des analyses de marchés on ne peut plus complètes et efficaces…un peu cynique mais il faut savoir interpréter et modérer cela, et le prendre avec un certain recul.


Quelles sont en 2014, les caractéristiques des hommes fashion addicts ? Quel type de vêtement voit-on le plus souvent sur ces gravures de mode et quelles sont les allures « types » des fans de mode au masculin ?


Tout d’abord, un grand sens des classiques et des intemporels. Chaque modeur sait bien que, comme dans la mode féminine, certaines formes, certains accords, certaines silhouettes traversent le temps, d’autant plus facilement que les lignes hommes sont, de fait, plus réduites à la base, le tout étant de savoir les réinterpréter avec les courants actuels et leur octroyer ce petit plus qui fait la différence 2014-2015. Connaître ses basiques est donc une nécessité.


Cravate Avenue : cravates slim & Pinces à cravate slim

cravates slim

La cravate, incontournable et tellement diversifiée. De toutes les couleurs, fabrications, tissus et formes, les fashionistas la choisissent toujours avec soin, cohérente avec leur corpulence, mais en 2014-2015, elle est toujours plus fine, étroite, slim. Les coloris de l’année sont sobres, on mise plutôt sur le noir et l’anthracite, ou alors on casse carrément avec un uni un peu carton, de manière anecdotique, et on évite absolument les imprimés.

 

Cravate avenue lacets de couleurs sur derbies + ceinture tressée

ceinture et lacets de couleur

Dans la lignée des it boys du moment, on peut suivre la tendance « néo-preppy » revisitant les looks soignés des étudiants WASP des universités américaines. Des codes assez stricts adaptés encore plus simplement pour 2015 : on enlève les blasons, et les couleurs pastels et on mise sur du beige, du noir et du gris, version polo, pull ras de cou et veste déboutonnée sur derbies. Boutons de manchettes et ceinture raccord pour une allure « college boy » un peu trop sage pour être honnête. Une dégaine purement 2014-2015 réservée aux adeptes du « perfect effect » et de l’exubérance contenue. On affiche ses valeurs mode sans en rajouter et c’est hype.

 

Cravate Avenue, noeud papillon, pochette CLJ Star Bleu + boutons de manchettes CLJ St Malo Bleu France

noeud papillon et pochette star

 

Toujours très en vogue, le « néo-Gatsby »2014-2015 est toujours très propre sur lui, distingué et irréprochable, très Wall Street. Le costume est de rigueur, plutôt trois pièces depuis quelques années, il continue sur ce modèle parfait et s’enrichit de rayures et parfois même de broderies comme sur le défilé Dior automne-hiver. La cravate noir donc en guest star et pourquoi pas agrémentée d’un petit colifichet ? C’est osé certes, mais le « move » de l’instant T est de faire vibrer la corde accessoire sans mièvrerie. On tente et on se dévergonde en douceur, le tout étant de faire rimer esprit et allure sans accroc.

 

Cravate Avenue :  Nœud papillon + bretelles Tony & Paul

bretelle et noeud papillon tony & paul

Chez le « Néo-dandy » dont nous avons expliqué l’origine et qui ne se confond pas avec le Gatsby vu précédemment,  on est très « sur-mesure », on préfère les matières précieuses, les cachemire, soie et cuir. Les lignes sont très près du corps et les couleurs naturelles et discrètes. Le camel, le gris, et le marron habillent les manteaux aux carrures impeccables et les bottines so chics sous un jean fit. On aime l’esprit vintage pour la perfection des lignes et le respect des étoffes, on se fond dans l’époque mais on reste fidèle à une éthique de mode sans concession pour une certaine élégance.

 

Cravate slim Rock + Housse PC  + portefeuille Ogon Design

les accessoires du geek

 

Le « fashion-geek » est une nouvelle espèce stylistique forcément plus connectée que les autres. Issu de la culture street, techno, il est addict à la nouveauté et à la création. Il recherche les matières et les lignes avant-gardistes, aiment tester les accessoires high-tech et finit par obtenir une silhouette assez droite mais élégante. On peut le voir en créateur underground comme en Vuitton. Il multiplie les expériences en restant toujours dans la qualité et se verrait bien nouveau Super-héros de la mode. Dans les after-works , chez Colette, il trouve toujours de nouvelles expériences fashion à tenter et reste très pointu sur la provenance de ses trouvailles. Pour lui, l’habit est un moyen de communication aussi réactif et efficace que les autres et il en use et en abuse.

 

Besaces + chèches + bracelets

besace cheche bracelet

Dernière catégorie d’addict au masculin  le « fashion nomade » cultive l’extravagance maîtrisée.  Fort de toutes ses connaissances et de son mode de vie multiculturel, il est aussi à l’aise à Soho qu’au fin fond du Botswana et n’en reste pas moins addict aux trends. Mode trotter, il cultive les basiques chics, s’inspire de l’ambiance écolo friendly pour quelques accessoires qui deviennent souvent culte (Veja) et promène dans le monde son look mi-hipster-mi bobo avec une nonchalance calculée.

 

De nos jours, les fashion addicts au masculin voient donc encore la vie en mode, plus proches que jamais de leurs envies vestimentaires et des tendances, ils sont aussi actifs sur le marché du textile, que leurs consoeurs. Férus de défilés, de magazines, de créateurs et d’événements trendies, ils n’en sont pas moins virils et fiers de leur condition de mâle, prônant fièrement leur droit de s’occuper  d’eux de pied en cap. La beauté, l’allure, l’apparence physique globale est un mode de vie qu’ils sont près à choisir au détriment d’un certain laisser-aller, trop rétro pour être honnête en 2015.

Drainant avec eux tout un système autrefois réservée aux femmes, ils sont devenus acteurs à part entière de la planète mode et les femmes, pour ne pas perdre trop de terrain, sont de plus en plus nombreuses à vouloir créer pour eux et à abandonner les dessins de fourreaux pour les « tailleurs pantalons ». Une vraie gageure intellectuelle, un inversement même des us et coutumes, puisque jusqu’à présent, même à la tête des maisons de couture féminines, se trouvaient une majorité de garçons ! Evolution des mœurs  ou révolution socio-culturelle ? Le fait est que tout le monde y trouve son compte. Quoi de plus mignon que de voir son homme se pomponner pour nous plaire, ajuster sa cravate ou hydrater sa peau après le feu du rasage pour atteindre la douceur absolue ? Quel plus beau pied-de-nez aux railleurs du shopping féminin que de constater qu’il a passé plus de temps que vous dans les magasins le week-end dernier ? Les filles, l’heure est à l’apaisement : le fashion addict est là ! Vive le fashion addict !!!

Marie Masuyer

Journaliste Mode pour Cravate Avenue

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