Le Look Hipster.

La dernière tendance mode. Moustache, noeud papillon et chemise de bucheron.

 

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Look HipsterCes dernières années, les rues de nos capitales ont vu débarquer de drôles de personnages. Barbes négligées, lunettes de vue imposantes, style vestimentaire tout droit sorti d’un autre siècle…

Il ne s’agit pas de bûcherons ou autres sans-abris mais bel et bien de hipsters. Insulte pour certains, Saint-Graal pour d’autres, le terme « hipster » est le mot du 21ème siècle. Utilisé à tort et à travers, à tel point que le très sérieux New York Times a écrit ledit mot plus de 250 fois au cours de ses articles en 2009, le « hipster » reste un protagoniste méconnu.

Bien plus qu’un style vestimentaire, être hipster est un véritable mode de vie. Cravate Avenue mène alors son enquête pour décrypter ce curieux animal, et découvrir ses codes et règles de vie quotidiennes.

 

Les origines du mouvement :

Le terme « hipster » naît dans les années 1930-1940 de la scène Jazz des Etats-Unis. Ce courant musical était réservé aux afro-américains, héritage du gospel et des chants des esclaves du sud du pays. « Hipster » désigne alors les premiers blancs, issus des classes moyennes à aisées, qui venaient s’encanailler au son des jazzmen noirs, dans l’ambiance des bars feutrés. Ces blancs, fascinés par la culture Jazz et afro-américaine, copiaient alors leurs homonymes de couleur en adoptant tous leurs codes : vêtements, musique, mode de vie, argot, drogues, liberté sexuelle…  Le mot hipster peut alors avoir deux significations :

Look Hipster

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  • Le mot viendrait du terme « hepcat » qu’utilisaient les jazzmen noirs pour décrire les blancs venant écouter leur musique. « Hepcat » a ensuite été abrégé en « hep » pour devenir « hip » qui signifie : « libéré ». Le chanteur américain Bing Crosby a même été qualifié de « premier blanc « hip » né aux Etats-Unis » par le clarinettiste Artie Shaw.
  • Selon d’autres sources, le mot « hip » viendrait du wolof (langue du Sénégal) qui signifie « voir » ou de « hipi » signifiant « ouvrir les yeux ».

« Ouvrir les yeux », cela correspond bien au hipster qui s’éloigne des sentiers battus et délaisse la culture « mainstream » (à comprendre : commerciale, propre à l’opinion générale) pour découvrir d’autres courants musicaux, d’autres mouvements et sous-cultures.

Les hipsters connaissent leur apogée pendant les années 50, en plein mouvement issu du Jazz Bepop. Ce courant de musique révolutionnaire provient, une fois de plus, des jazzmen afro-américains qui souhaitaient s’affranchir des codes et obligations du Jazz de l’époque. Ils forment alors des groupes plus petits, laissant libre cours à leur imagination.  Ils jouissent d’interprétations libres et de solos aussi bien improvisés qu’endiablés.

Jazz Bepop rime alors avec Beat Generation, dont les premiers blancs qualifiés d’hipsters ne sont autres que les illustres écrivains Jack Kerouac, Allen Ginsberg ou encore William S. Burroughs. Jack Kerouac écrira même  - sans doutes, sans s’en rendre compte – la parfaite définition du hipster des années 50 : « Les seuls gens qui existent sont ceux qui ont la démence de vivre, de discourir, d'être sauvés, qui veulent jouir de tout dans un seul instant, ceux qui ne savent pas bâiller. ».

 

Les codes du hipster :

 

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Look HipsterLe hipster d’aujourd’hui est bien différent de son aîné américain des années 50. Après avoir disparu, le mouvement apparaît de nouveau au cours des années 2000. C’est à New York que le courant renaît de ses cendres, dans les fameux quartiers du Lower East Side comme Brooklyn ou Williamsburg. Il franchit même l’Atlantique pour partir à la conquête des capitales européennes comme Londres (Hackney et Bethnal Green), Paris (Oberkampf et Belleville) ou encore Berlin (Prenzlauer Berg et Mitte).

Le  hipster moderne peut être défini comme la version jeune du bobo. Il a entre 18 et 25 ans, est étudiant ou diplômé d’une bonne université, aspire au même mode de vie que son homologue bobo. Alors que ce dernier envahit les quartiers populaires pour en racheter les lofts et y fonder sa famille, le hipster jouit de sa jeunesse. Issu d’une bonne famille, il sait pertinemment qu’il aura tout le temps nécessaire pour profiter des bénéfices des cols blancs. En attendant, ce mode de vie lui paraît encore trop « mainstream » et c’est dans la rue ou dans les cafés branchés qu’il préfère se montrer.

Cependant, n’est pas hipster qui veut. Au-delà du style vestimentaire, tout hipster qui se respecte doit suivre un protocole précis et des règles de vie codifiées. En voici quelques-unes.

  • Le langage : le hipster parle un drôle de langage. Pour les néophytes, entendre deux hipsters converser entre eux peut être une épreuve, tant ce dialecte est particulier. Il faut d’abord parler un mélange de français et d’anglais, ou franglais. Par exemple au lieu du verbe « regarder », préférez plutôt le terme « eye contact ». Pour désigner la nourriture, on emploiera le mot « fooding », ou encore  on parlera « d’upcycling » pour les objets détournés de leur usage initial, si chers aux hipsters. Si vous trouvez une musique, un film, un objet trop commercial, vous le qualifierez de « mainstream ». Vous pouvez également ajouter quelques mots en allemand, comme « über ». C’est un mot à utiliser sans modération, que vous pouvez associer, accorder, conjuguer comme bon vous semble : « über cool », « über fatiguant », « über difficile »… N’oubliez pas les termes dérivés de l’Internet et des réseaux sociaux. Ainsi vous « googlisez » une adresse, « instagramez » une photo pour la rendre plus visuelle ou « twittez » votre humeur du moment.
  • La culture : comment évoquer le mouvement hipster sans passer par la case musicale, cinématographique et littéraire ? Grand amateur d’Art en tous genres, le hipster passe ses week-ends à flâner entre les différentes expositions du moment. Ainsi, son quartier général sera le centre Pompidou à Paris ou plus communément appelé « Beaubourg ».

 

Look Hipster

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  • En ce qui concerne la musique, le hipster moderne écoute encore les vieux tubes jazz de l’époque. Il sait se mettre à la page et vit avec son siècle. Il sera alors amateur d’électro minimaliste et de petits groupes inconnus du grand public comme Archive ou Grizzly Bear. Sur Internet, ses sites musicaux de référence sont « Le Tourne Disque », « Soundcloud » ou « The Sound You Need ».  Attention cependant, dès qu’un groupe devient trop connu, il est qualifié de « mainstream » et le hipster le délaissera, sans autre forme de procès.
  • Le 7ème art est lui aussi, très codifié. Ainsi, le hipster évitera les blockbusters américains et autres comédies populaires pour se concentrer sur le « cinéma d’auteur ». Terrence Malick, Sofia Coppola, David Lynch, Christophe Honoré deviennent alors ses réalisateurs fétiches.
  • La littérature subit le même sort élitiste et le hipster de base préfèrera les œuvres philosophies, puisqu’il aime passer ses après-midi à réfléchir assis à la terrasse d’un café branché. Les œuvres de Stendhal et autres Nietzche sont ses livres de chevet.
  • Internet : le hipster est un personnage « über connecté ». Impossible pour lui de vivre, ne serait-ce qu’une journée, sans avoir accès à ses réseaux sociaux favoris. Instagram est, et de loin, l’application Smartphone la plus « hipster » du moment. Notre principal intéressé ne pourra manger un plat sans le prendre en photo auparavant, profiter d’une soirée entre amis sans en immortaliser l’instant, aller dans une ville sans en capturer la moindre ruelle. Une fois la photo prise, il la retouche avec des filtres « vintage » et la poste sur Instagram pour la partager avec ses contacts hipsters virtuels. N’oubliez pas également Twitter, puisque Facebook est devenu trop « mainstream ». Une envie soudaine ? Une peine de cœur ? Une bonne adresse à faire partager ? Le tout est « twitté » en direct, sans perdre une seule seconde.
  • Les objets vintage : le hipster jouit d’un goût immodéré pour les objets anciens. Au diable la bicyclette conventionnelle, il n’est pas rare de voir notre protagoniste pédaler sur un vélo à pignon fixe, sans rétro pédalage, au risque de sa propre vie. Il aimera également se pavaner avec son Polaroïd autour du cou, pour compléter sa collection de photos jonchant les murs de son appartement. Qui dit hipster dit également vinyles. Bien que notre intéressé possède tous les accessoires high-tech à la pomme, il apprécie écouter ses morceaux rétro sur son tourne disque, fraîchement chiné dans une brocante ou un marché aux puces.
  • La décoration intérieure de notre hipster est, elle aussi, tout sauf conventionnelle. Ainsi, il appréciera rôder dans les braderies pour dénicher des meubles anciens, et pourquoi ne pas détourner lesdits meubles de leur usage initial en pratiquant « l’upcycling » ?
  • Les brunchs : plus qu’un art de vivre, le brunch est une véritable religion pour notre hipster national. Adieu les repas classiques, bonjour le Breakfast-lunch. Il est de coutume, chez le hipster, de goûter à tous les brunchs de sa ville. Entre 11h et 15h, les terrasses des cafés et autres bistrots sont alors envahies par notre étrange animal. Va-t-il aussi souvent bruncher parce qu’il a faim ? Pas nécessairement. Le hipster brunch là où il est bon de se montrer.
  • La cigarette : Tout hipster qui se respecte fume. Attention, il ne s’agit pas là de substances illicites, mais bel et bien de tabac. Les cigarettes industrielles sont bannies, puisqu’elles anéantiraient l’effet « old school » escompté. Le hipster fume alors du tabac qu’il préfèrera rouler lui-même, ou qu’il placera délicatement dans la pipe qui appartenait à son arrière grand-père.
  • Les causes humanitaires : notre hipster est conscient que son mode de vie est privilégié et qu’il ne représente pas celui vécu par la majorité de son pays. Il est un homme de principes, un bien pensant et il aime à réfléchir sur les causes à défendre. Il s’intéresse alors à l’humanitaire : des vêtements à donner aux plus démunis, de l’aide pour la protection de l’environnement, des actions contre la maltraitance des animaux… Le hipster a le cœur sur la main et l’humanitaire est un domaine qui l’attire, bien qu’il souhaite travailler dans la pub ou la communication.

 Look Hipster

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 Le look du hipster :

 

Le hipster se reconnaît aussi bien par son mode de vie que par son look qui, lui aussi, est très codifié. Bien qu’il souhaite laisser paraître une impression de « non style », puisque chercher à bien s’habiller est trop « mainstream », il n’en passe pas moins des heures à choisir sa tenue chaque matin.

Il fuit les enseignes de grande consommation comme Jules, H&M ou encore Zara pour se réfugier dans les friperies de son quartier, les marchés aux puces, la garde-robe de son grand-père ou encore Emmaüs.

Certaines mauvaises langues diront qu’il n’y a aucune différence entre le look d’un sans-abri et celui d’un hipster et pourtant,  ce dernier est très pointilleux. Voici les basics à adopter pour ressembler à un hipster.

  • Les lunettes de vue oversize : Vous pouvez jeter à la poubelle vos montures classiques ou celles invisibles à l’œil nu. Un hipster porte des lunettes, et il aime que cela se remarque ! Il opte alors pour les lunettes XXL comme les indémodables Wayfarer ou les Clubmaster. Si vous n’êtes pas myopes, vous avez toujours la solution de porter des fausses lunettes de vue. Un hipster sans lunettes n’est tout simplement pas un hipster qui se respecte.
  • Le bonnet : Qu’il fasse une chaleur caniculaire, un froid polaire, ou une pluie diluvienne, le hipster ne quitte jamais son bonnet. Il est constamment vissé sur sa tête, en extérieur comme en intérieur. Les hipsters apprécient généralement les bonnets oversize qui tombent légèrement, ou encore les bonnets à formes originales comme ceux que l’on peut trouver chez Carhartt. Les bonnets à motifs sont aussi de la partie. Après tout, tant qu’il s’agit de couvrir votre crâne, tout est permis !
  • La barbe : un hipster sans barbe est un hipster mis à nu ! La mode est au poil, il est donc nécessaire de jeter son rasoir. Plus votre barbe sera longue, mieux ce sera. Les plus téméraires oseront même la moustache, signe hipster ultime. Assumez et exacerbez votre virilité.
  • La chemise bûcheron : c’est l’indispensable de la garde-robe du hipster. Il la possède en 15 exemplaires pour être certain d’en avoir une propre et différente chaque jour. L’originale est à carreaux dans des tons rouges, mais il existe de multiples variantes maintenant. Attention cependant, le hipster n’achètera pas sa chemise dans des enseignes de grande consommation. Il préfèrera emprunter celle de son grand-père pour lui donner une deuxième jeunesse, ou en chiner une dans une friperie. Un hipster n’aime pas les vêtements neufs, il préfère ceux qui ont vécu.
  • Le T-shirt chiné : il n’y a pas de règle à respecter, n’importe quel T-shirt peut faire hipster du moment qu’il est chiné. Personnage de jeu vidéo, groupe de rock, slogan, motifs divers… le « design » importe peu. Les hipsters apprécient également les T-shirt disposant d’un col en V, pour laisser apparaître leurs poils et montrer leur virilité.
  • Le jean slim : Les hipsters portent généralement des coupes slims qu’ils remontent légèrement au dessus de la cheville à l’aide d’un revers. Il est primordial de laisser apparaître vos chaussures ou votre paire de chaussettes. Même topo que précédemment, il faut que le jean soit chiné, qu’il ait vécu. On appréciera alors ceux montrant des traces d’usure.
  • Les chaussettes : deux écoles s’affrontent ici. Certains hipsters ne mettent pas de chaussettes, préférant enfiler leurs vieilles boots fétiches ou autres converses nu-pieds. D’autres accordent une attention particulière aux chaussettes. Attention alors, il faut en choisir certaines que l’on pourrait qualifier de « funky ». Motifs, couleurs, dessins, slogans… Tout est permis ! Les chaussettes unies (noires ou blanches) sont à éviter.
  • Les chaussures : pas de règles à respecter particulièrement. Les hipsters portent leur paire de chaussures favorite, usée et volontairement vintage. Ils apprécient alors les boots et autres bottines, aussi bien que les Converses et Van’s old school.
  • Tatouages et piercings : beaucoup de hipster succombent à la tentation du tatouage et du piercing. Il n’est pas rare d’en voir avec les bras entièrement tatoués de leurs phrases et autres motifs favoris. Le piercing est également un élément très en vue chez nos amis hipsters, notamment les écarteurs au niveau du lobe de l’oreille.

Look Hipster

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Notre sélection d’articles pour adopter le look hipster :

 

Des Bretelles à motifs :

bretelles

 

Les hipsters aiment les motifs et plus ils seront voyants et originaux, plus ils apprécieront. Voici donc une paire de bretelles de chez Robert Charles, une marque néo-zélandaise qui souhaiter créer des lignes de bretelles uniques et originales. Tissé à la main à l’aide de pure soie, ce modèle sera parfait pour pimenter une tenue qui sera jugée trop banale. A porter sans modération, aussi bien pour une balade en ville que pour sortir le soir dans son bar branché favori. Voir les Bretelles sur Cravate Avenue

 

Un nœud papillon à motifs :

noeud papillon

 

Le hipster s’approprie les codes du dandysme tout en les réinventant. Il n’est pas rare de voir notre protagoniste portant un nœud papillon à motifs (pois, carreaux, dessins design), en particulier lorsqu’il est de sortie nocturne. Ce nœud signé Charles Le Jeune réalisé à l’air de microfibre est déjà noué, et donnera un aspect soyeux. Il sera parfait mixé avec une belle chemise en jean et un jean slim noir par exemple. Voir notre sélection de noeud papillon

 

Un chèche pour les périodes de grand froid :

Cheche homme

 

Les hipsters aussi ont froid et il n’est pas rare de les voir emmitouflés dans de grosses écharpes oversize ou chèches, lors des longs mois hivernaux. Ce produit réalisé en viscose et de couleur noir pourra se marier à n’importe quelle tenue, grâce à son extrême sobriété. N’oubliez pas vos lunettes XXL et votre bonnet pour parfaire votre look. Voir notre sélection de chèches.

 

Look Hipster

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Enviés ou critiqués, les hipsters ne laissent pas indifférent. Ceux du 21ème n’ont quasiment plus rien à avoir avec leurs aînés du milieu du 20ème siècle. Ils ne partagent plus les mêmes codes, à l’exception d’être à contre courant de la société dans laquelle ils vivent. Cependant, le terme s’est banalisé puisqu’il est utilisé à tort et à travers. N’importe qui est, aujourd’hui, qualifié de hipster. C’est ainsi qu’en 2012 Nicolas Sarkozy est taclé « d’hipster politique » par le magazine l’Express. L’essence même du mouvement et d’être à l’encontre du courant « mainstream ». Pourtant, tout le monde s’autoproclame hipster et tout le monde souhaite le devenir. Le courant devient alors à son tour trop commercial et populaire. Certains souhaitent même la mort de nos principaux intéressés, comme le stipulait le New York Times dans son article « Comment les hipsters ont ruiné Paris ». Le mouvement hipster vit-il sont dernier souffle ? C’est, en tous cas, ce que prédisent beaucoup d’analystes.

 



Grégory DELANOË

Reporter Mode Homme pour Cravate Avenue

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